Le 15 mars 1891, l’article « Du rôle social de l’officier dans le service universel » est publié dans « La revue des deux mondes ». Bien que l’article ne soit pas signé, le capitaine Hubert LYAUTEY, âgé de 37 ans, est vite identifié. Fort de ses rencontres et lectures, il élabore un style de commandement qui prend en compte les aspirations de ses subordonnés et, plus largement, des peuples dans les colonies françaises, faisant de lui un précurseur.
Les conséquences de la révolution industrielle et plus particulièrement de la lutte des classes sont le point de départ de la réflexion de LYAUTEY qui souhaite trouver des moyens de réconciliation au sein de la population. La jeunesse, réunie à l’occasion du service militaire universel qui durait trois ans, est le vecteur de cette modification. . Les officiers, qui deviennent des « agents d’action sociale », doivent créer l’esprit de corps. « On ne commande bien que ceux que l’on aime. »
Ce visage humain est également au cœur de la concertation. C’est un axe central qui a conduit à la création du Conseil supérieur de la fonction militaire (CSFM) en 1969 puis au développement du dialogue interne qui traite des questions d’intérêt général et des sujets personnels, dans le respect des spécificités liées à l’état militaire. Suite...

« Pour la gendarmerie, la notion d’intervention est une réflexion récente à l’échelle de temps de son histoire. Sa mise en application, dans les années 70, a été difficile. Bien sûr, pour ceux nés il y a cinquante ans, c’est une évidence, de même que la police scientifique et tout ce qui a conduit notre vieille maison à se remettre en question et se moderniser.
Empruntée à l’ouvrage d’un officier publié en 1933, la citation du titre illustre le volontarisme des cadres de la Gendarmerie nationale durant l’entre-deux-guerres. Née au début de l’année 1791, se substituant à une maréchaussée dont les premières attributions remontent au roi Charles V, l’institution, malgré les changements de régime et les bouleversements d’une histoire séculaire a dû, pu et aussi voulu s’adapter aux nécessités de chaque époque pour assurer la « tranquillité publique » (formule datant du XIVe siècle déjà) et la protection des gouvernements.
Dans un pays dévasté par les guerres, face aux nombreuses souffrances et situations dramatiques rencontrées par la Gendarmerie nationale, le capitaine PAOLI, homme sensible et généreux, éprouve un sentiment de révolte. Il décide d’agir contre les injustices et la misère sociale en créant un fonds au profit des militaires de l’Arme tués et blessés dans l’exercice de leurs fonctions et de leurs familles. C’était en 1888. Ainsi débute l’histoire de la Caisse Nationale du Gendarme.
Pour écrire ces 3 pages d’histoire adossées à la 2e partie du dossier « Police judiciaire » consacré aux appuis judiciaires, nous vous proposons de revenir brièvement sur l’historique du port de la tenue civile par les gendarmes dans l’enquête judiciaire et de brosser le portrait de deux précurseurs, Camille PIERRE dans la police technique et Gérard PROUTEAU dans le rapprochement judiciaire.