Le devoir de mémoire s’impose aux hommes et à leurs sociétés. La Gendarmerie nationale, arme de tradition, n’échappe pas à cette ardente obligation. Très curieusement, il existe peu de livres sur la Gendarmerie mobile, malgré l’augmentation récente des publications sur la gendarmerie. Pour retracer les origines de la Gendarmerie mobile, nous avons largement emprunté aux travaux menés pour la réalisation du livre « Histoire de la Gendarmerie mobile d’Ile-de-France » (3 tomes) Édition SPE-Barthélémy 2006. L’article est issu des travaux de recherche de la gendarme adjointe Séverine ERAGNE (FGMI), auteure du chapitre II, Tome 1.
« Depuis les temps les plus anciens, les États, quel que soit leur régime : monarchique, autoritaire ou républicain, ont eu à faire face aux manifestations diverses, “émotions populaires”, mouvements de foule, émeutes, jacqueries, insurrections, par lesquelles telle ou telle fraction de la population exprimait son mécontentement ou son opposition virulente aux décisions du pouvoir. Pendant des siècles, l’engagement de la force armée, constituée de soldats de métier, permit à l’autorité légale de contrer, “généralement avec brutalité”, voire d’écraser ces mouvements populaires. Suite...

Au cours de son histoire, la Gendarmerie nationale a su accompagner l’évolution de la société française en proposant des solutions innovantes pour répondre aux nouveaux besoins de sécurité. L’exemple de la gendarmerie des transports aériens témoigne de cette remarquable faculté d’adaptation.
Avant 1914, pas d’école pour les gendarmes ? Dès l’Ancien Régime, la maréchaussée se montre exigeante pour le niveau d’instruction de son personnel, notamment sur la maîtrise de l’écrit. En 1760, une ordonnance destinée à la maréchaussée édicte déjà pour la troupe de « savoir lire et écrire autant que possible ». En 1769, une autre ordonnance en fait une obligation. Toutefois, l’institution ne se charge en aucune manière de former ses recrues dans ce domaine par un passage en école.
Malgré l’absence d’une définition claire, les « opérations extérieures (OPEX) » désignent généralement les interventions de l’armée française à l’étranger depuis 1962, ayant fait l’objet d’un arrêté du ministre de la Défense. Par sa nature militaire, la gendarmerie a été engagée dans la plupart d’entre elles dans le cadre de la prévôté mais aussi pour remplir des missions civilo-militaires. Toutefois, l’implication de l’Arme dans les interventions militaires hors du territoire national est beaucoup plus ancienne et ne concerne pas seulement les guerres de conquête et la colonisation.
Répartis à travers le monde dans les départements, régions et collectivités d’outre-mer (DROM-COM), les quelques 4 300 gendarmes qui y servent aujourd’hui sont les héritiers d’une longue histoire qui a vu la gendarmerie s’implanter dans cet espace ultramarin depuis le XVIIIe siècle.